Kill Me Sarah
Propos incohérents et bande son pour orgasme (saison 7)
Killing Me Softly     Kill Me Again (KMS saisons 2 à 4...)   Radio-Blog

vendredi, décembre 26, 2008

449 Rideaux : Tindersticks : Another night in (Album : Curtains 1997)

    (449)

Un bâtonnet d'encens posé dans la cuisine, Curtains en t'attendant. Le vinyle. Un disque légèrement contraignant puisqu'il est en 45T et oblige à changer la courroie de poulie afin que le plateau tourne à la bonne vitesse. Contrainte de platine vinyle minimaliste.

Il y a bien le cd sur l'étagère mais le son du vinyle lui va tellement mieux. Le vinyle a été acheté d'occasion, bien après le cd. Un aveu de faiblesse certainement.

Et puis le papier peint floral un peu jauni de la pochette est bien pus beau en grand. L'objet a un sens. On ne va pas dire une âme, un sens c'est bien suffisant.
Le bâtonnet d'encens c'est pour la lumière de ce disque. Ca parait absurde mais non. La lumière a une odeur. Les chansons du disque font comme un halo de lumière tombant d'un abat-jour jauni sur un vieux fauteuil de cuir fatigué. Peut être parce qu'il reste, accrochés aux notes de ce disque, des souvenirs de lumières jaunes. Des lambeaux de souvenirs comme des morceaux d'affiches arrachées.

Le vinyle. Il craque un peu parfois, rien de gênant. On pourrait presque revoir l'abat-jour de la petite lampe dans le coin du salon. En fermant les yeux. C'est plus l'imagination qui la réinvente que la mémoire. La mémoire a gommé trop de choses. C'est tellement loin maintenant. Il s'est passé tellement de choses, de bouleversements depuis.
Parfois on se demande quand même ce que sont devenus les personnes qu'il y avait autour de la lampe du salon, dans ce nuage de fumée odorante. Il y aussi des soirs solitaires et froids cachés au fond de la pochette alors on ne la secoue pas trop fort. Et puis Bearsuit.

L'encens se consume toujours doucement. La 4ème face tourne sur la platine. Comme si le vinyle passait plus vite que le cd. La beauté passe toujours trop vite. Turn out the light, you're just alone in the dark. Une histoire de sourire qui n'atteint pas les yeux. Not a surface thing. Un dardjeeling avec un peu de lait. Juste pour adoucir.

La face qui ne devrait pas se terminer. Le piano électrique de Walking en sonne le glas. Parfois il valait mieux arrêter le cd avant. Exprès. Parce que dormir après Walking c'était parfois difficile. Les soirs restés au fond de la pochette. C'était le cd à ce moment là. Pas le vinyle. Le boitier, la partie où l'on range le cd, sur le support rond avec les sortes de picots, est tout cassé. Ils sont tous enfoncés, ou partis à la poubelle depuis longtemps. Ca ne vaut rien ces trucs là.

Là, on laisse bien la pointe aller jusqu'au bout du sillon, jusqu'à ce que ça fasse clic, clic, clic, clic. Alors on enlève le plateau pour repositionner la courroie sur la poulie 33T pour mettre le disque suivant. En t'attendant.


NOTA : C'est la 75ème chanson sur Killing Me Softly)


Kill Me Sarah | 22:33 |

jeudi, décembre 25, 2008

448 One more time : Sun Kil Moon : Unlit Hallways (Album : April 2008)

    (448)

Les chansons de Kozelek sont atteintes de presbytie, comme sa mémoire ou la mienne parfois. Les choses trop proches deviennent floues. Alors autant regarder plus loin. C'est idiot mais ça m'a traversé comme ça l'autre soir.
Pas écrit ces jours-ci. Pas touché à mes devoirs de vacances. Période à rentrer la tête dans les épaules.

Dans Nights of passed over, Mark Kozelek cite Chateaubriand, quelques lignes sans en indiquer la source, mais les lignes disent que chaque être humain porte en lui un monde fait des choses qu'il a vues et aimées et c'est vers lui qu'il revient inlassablement, alors même qu'il passe et semble habiter un monde qui lui est tout à fait étranger. En gros. Ca doit aller avec la presbytie de la mémoire. Des notions floues.

Noël est enfin passé. Je supporte de moins en moins cette période au fil des années. J'ai mis Sandinista cet après-midi pendant que l'on jouait au Monopoly, c'était un bon disque pour aujourd'hui.

Kill Me Sarah | 22:54 |

dimanche, décembre 21, 2008

447 Winter anywhere : Esbjörn Svensson Trio : Winter in venice (Album : Winter in Venice 1997)

    (447)

Quel drôle de samedi, drôle de période.
Changement de saison. Jour le plus court. A peine s'il a fait jour ce matin. Boule ouateuse de gris dans le ciel.
Quand l'hiver commence on a souvent l'impression qu'il marque une fin alors que ce n'est qu'un début.
Grater comme ça sur la guitare quelques accords de vieilles chansons de Lou Reed, forcément vieilles. Presque sans y penser.
Encore dix jours pour balayer l'année. Comme on pourrait balayer la neige sur les trottoirs s'il y en avait. Une saison de contrebasse.

Kill Me Sarah | 15:50 |

jeudi, décembre 18, 2008

446 Frozen Warnings : Low : Caroline (Album : Long Division 1995)

    (446)

Caroline ne dit plus beaucoup de choses mais n’en pense pas moins. Elle panse beaucoup. Beaucoup de choses. Des blessures. Des déchirures. Caroline. Une musique dans la tête. La tête dans la musique. Pense. Caroline c’est un peu comme un divan. Comme une terre.

Une terre des jours sans. Des jours avec. Des jours de pluie. Des jours depuis. Des jours de joie. Des jours de joues tendues. Attendue. Caroline. Comme une terre virtuelle. Communauté de bien. Commune ôtée de mal. Caroline.

Une terre. Où on parle beaucoup. Beaucoup de choses à se dire. A s’entendre. A s’écrire. Même si parfois ça s’arrête. L’espace d’un instant. Un espace plus ou moins grand. Un espace virtuel. Même si parfois Caroline ne s’appelle pas toujours Caroline. Caroline, Sarah, imparfait, présent, futur. Une terre de tous les temps, de tous les noms. Une terre de conquête.

Caroline ne sait plus ce qu'elle dit. Caroline ne sait tellement plus ce qu'elle dit qu'elle ne dit plus. Caroline ne dit plus rien. Elle erre entre les rayons froids d'un supermarché avec son caddie vide et ne dit plus rien. Elle regarde. Les gens, les rayons. Elle ne dit plus rien. Elle dirait bien. A ces gens, à lui peut être, non pas à elle, à lui oh oui à lui elle aimerait bien dire.

Mais Caroline ne sait plus ce qu'elle dit alors elle ne dit plus rien. On pourrait penser qu'elle dit avec les yeux en poussant son caddie vide entre les rayons froids du supermarché. Mais non. Caroline ne dit plus rien.

De toute manière elle ne savait plus ce qu'elle disait c'est ce que lui disait son image, son image à elle dans la glace parce que si Caroline ne dit plus rien, son image, son image à elle dans la glace n'arrête pas de dire mais elle ne sait pas ce qu'elle dit. Caroline se dit que parfois, rien, c'est déjà dire quelque chose.

Alors elle pousse son caddie vide dans les allées froides du supermarché. La roue avant droite du chariot fait couik couik, elle est un peu tordue. Cela fait une petite musique. Caroline ne dit plus rien mais elle chante dans sa tête sur le couik couik de la roue du caddie. Caroline ne sait plus ce qu'elle dit alors elle ne dit plus rien. Elle chante parfois dans les allées froides du supermarché en poussant son caddie vide. Elle chante avec son caddie qui fait couik couik. Un supermarché. Rempli de Caroline. Des rayons chauds, des rayons froids. Un super marché sans température. Un marché de tant-pis. De ratures. D’écrits. De je crie. De je suis. De je me montre.

Absolument. Caroline ne dit plus. Il y a tant à consommer que son caddie se vide au fur à mesure qu’elle avance. Caroline. Comme un long chemin. Un hypermarché. Grand comme une terre. Entière. Un globe. Une étoile. Une toile de liens tissés au fur et à mesure des clique-clique. Caroline, elle chante, elle déchante, elle monte. En gamme. Elle démonte. Les roues du caddie. Plus de couik. Plus de clique. Puis elle remonte en route.

En route pour quoi ? Caroline. Pour vider son caddie comme on vide son sac. Pour faire ses courses comme on prend son temps. Une course à l’envers. Un temps à prendre. Un temps de démarrage. Pas d’arrêt.

Caroline ne dit plus mais ne s’arrête pas. Une course à l’envers. A l’envers des aiguilles de « je me montre ». Caroline ne se montre pas. Elle avance. Elle marche. Super marcher. Elle tisse des liens. Elle est heureuse comme ça Caroline. Elle ne dit plus rien. Et c’est déjà beaucoup. C'est beaucoup mais beaucoup trop d'un seul coup dans sa tête.

Ca tourne ça tourne comme tournait la roue du caddie en faisant couik couik. La roue qu'elle fait tourner dans sa main là maintenant. Assise au milieu du rayon surgelés, à coté du bac des légumes. Elle est assise par terre et les gens autour n'ose même pas la regarder. Caroline n'est pas prêt de dire quelque chose elle le sent bien là tout de suite avec sa roulette à la main, à coté du bac des légumes surgelés.

Elle pense que c'est triste un légume surgelé alors elle fait tourner la roulette encore plus vite dans sa main comme pour conjurer le mauvais sort parce que là subitement elle prend peur. Elle ne veut pas devenir un légume surgelé. Alors elle sert ses genoux contre elle, de sa main qui ne tient pas la roulette, la roulette qui tourne dans son autre main, la roulette qui fait encore des couik couik mais moins fort comme si elle avait peur elle aussi. Caroline pleure un peu.

Elle se dit tout doucement que si elle était dans le bac à légumes surgelés ses larmes gèleraient sur ses joues et le monde est tellement moche maintenant que de vilains marchands en feraient des glaces pour les enfants. Le monde est tellement moche maintenant. Moche comme ces gens qui la regarde, de manière insistante.

Caroline ne disait déjà plus grand chose. Caroline sait qu'elle ne dira plus rien du tout. Assise par terre dans l'allée des surgelés. Elle sait, elle ne doit pas devenir un légume surgelé. Alors elle chante un peu puisqu'elle ne dit plus rien.

Chanter c'est dire sans le faire elle le sait. Avec la roulette de son caddie cassé tournant toujours dans sa main, l'autre, pas celle serrant ses genoux contre elle, tournant toujours dans sa main en rythme, et si les gens autour se taisaient ils pourraient entendre, entre les lèvres remuant à peine de Caroline, ils pourraient entendre une petite mélodie disant il fait si froid en Alaska, il fait si froid en Alaska, il fait si froid en Alaska...



Ce texte est le fruit d'une modeste collaboration Franco-Suisse sur une idée de Gregory qui me l''avait proposé il y a pas mal de temps. Nous avions eu quelques échanges, et puis j'ai laissé la poussière le recouvrir sur mes étagères virtuelles pendant presque un an, malgré ses relances discrètes de temps en temps. Lundi je ne sais pourquoi je me suis réveillé et je l'ai repris. Compte tenu de ma procrastination chronique, une nouvelle collaboration est annoncée pour 2017.

Kill Me Sarah | 21:44 |

mardi, décembre 16, 2008

445 Rien à dire : Barzin : Pale Blue Eyes (Album : Barzin 2003)

    (445)

Non rien à voir. Avec le Pale Blue Eyes de Lou Reed. De toute manière il l'avait écrite pour une fille aux yeux noisettes. Celle là on n'en sait rien. Mais elle a sûrement les yeux bleus. On sent bien qu'il n'y a pas cette subtilité ici. D'ailleurs ils n'appartiennent peut être à personne ces yeux là. On ne saura jamais. Par contre il y a la pedal steel insistante. La pedal steel guitar c'est l'instrument qui dispute au violoncelle le titre d'instrument le plus triste au monde mais en même temps il y en a qui disent le bandonéon parce que le tango c'est triste à pleurer. Ou le violon tzigane mais là c'est la musique pas l'instrument qui veut ça. La pedal steel guitar, avec le violoncelle, il faut la photo finish pour les départager. Mélancoliquement parlant.
La pedal steel il y en a plein dans cette chanson traînante. Comme la voix de Barzin. C'est le chanteur. Je dis tout ça parce que je n'ai rien à dire.

Je voulais mettre Charlie Haden au départ, un morceau des bandes de Montréal mais la contrebasse ça ne rend pas bien, écoutée sur l'ordinateur. La contrebasse ça a besoin de coffre. De gros haut-parleurs. Ce n'est pas pour rien que c'est un gros instrument. Faut remuer l'air pour bien l'entendre. Et puis ça faisait un lien avec la belle chanson d'Okkervil River. Celle d'avant là en-dessous.

Charlie Haden est contrebassiste et comme c'est son disque on entend bien la contrebasse. Plus que sur un disque de pianiste par exemple. Mais sur l'ordi, la contrebasse ça ne rend pas. Contrairement à la pedal steel guitar. Ca joue dans les médiums, ça ressort bien. Dans First song il mélodise sur la contrebasse au milieu. Si c'est pour entendre un vague plonk plonk à quoi ça sert. Surtout que c'est un monstre Haden. Un vrai. Il n'en reste plus beaucoup des comme lui.

Il y avait un ciel gris aujourd'hui, comme des promesses de neige jamais tenues mais ça n'a rien à voir non plus. Avec ce Pale Blue Eyes, n'ayant déjà rien à voir avec celui de Lou Reed. Elle s'appelait Shelley, la fille aux yeux pâles pas bleus de Lou Reed. Celle de Barzin je crois qu'on ne saura jamais comment elle s'appelle. Barzin ça ressemble un peu à Spain, le groupe de Josh Haden, le fils de Charlie. Celui de la contrebasse. Tu vois on boucle quand même.
Enfin tout ça c'était pour dire que je n'avais rien à dire...

Kill Me Sarah | 21:36 |

dimanche, décembre 14, 2008

444 Cold rain : Okkervil River : My Bad Days (Album : Don't Fall In Love With Everyone You See 2002)

    (444)

La pluie froide, glacée hier, le vent. A en briser les os. On se replie à l'intérieur, c'est la saison qui veut ça. Pourtant aujourd'hui les trottoirs de la ville se faisaient velours gris.

Un jour a ne pas savoir écrire. Même s'il est un peu vain de vouloir trouver l'articulation adéquate rappelant le grain de la contrebasse en introduction de ce morceau.
Ca prend quoi, quinze, seize secondes au début de la chanson. Après il y a d'autres choses, le violon, la guitare, la voix, ça arrive doucement mais ça vient masquer le grain hivernal des grosses cordes de la contrebasse en introduction. Remets le début, écoute, le grain de cet instrument. C'est comme lorsque tu rentres chez toi et qu'il y fait bon, après avoir marché sous la pluie froide, froide comme celle d'hier. Avec le vent se faufilant partout.
Le grain de la contrebasse dans l'intro de cette belle chanson, c'est la chaleur des buches dans une cheminée. Il n'y en pas ici. C'est pour ça qu'il faut écouter la contrebasse. Le violon plus loin aussi il réchauffe, même s'il y a des frissons cachés à l'intérieur. C'est une chanson hivernale. On y entend presque le feu craquer. Il ne surprendrait pas en tout cas.

Kill Me Sarah | 21:26 |

jeudi, décembre 11, 2008

443 Shadow violin : Tony Conrad : The Side Of Man And Womankind (3) (Album : Outside the dream syndicate - Alive 2005)

    (443)

Des instants improbables. Comme hier soir, avant le début de la lecture de François Bon sur Hendrix avec Dominique Pifarély, alors qu'il n'y avait encore quasiment personne. Où Pifarély, assis dans la partie non éclairée de la médiathèque de Bagnolet, derrière les rayonnages de livres, chauffait ses doigts en dissonances bourdonnantes dont le son envahissait tout le local silencieux.

Je suis resté à le regarder quelques instants, l'espionnant entre deux rangées de livres, pour ne pas le déranger. Il y avait là quelque chose d'irréel. Dans cette bibliothèque vide et ce musicien seul à cet instant là, presque dans le noir, son regard perdu quelque part, dans ce lieu comme un labyrinthe en pans d'ombres. Et ces notes, la corde à vide en bourdon, ces intervalles sur le fil de l'atonalité sur l'autre corde, le geste souple et doux de l'archet, la réverbération.

Il s'est levé ensuite, à marché dans la médiathèque, toujours dans la pénombre, dans la partie seulement éclairée par les lumières pâles de la rue et les lampes au centre de la grande salle masquées par les rayonnages. Sa musique a changé, s'est faite plus douce, espacée, comme pour adoucir les drones à faire trembler les vitres résonnant encore. Je ne l'ai pas suivi, je suis resté entre les livres, essayant de deviner où il pouvait être en me basant sur le son du violon s'élevant vers le haut plafond. A droite, à gauche, derrière le rayon histoire de l'art ou bien... un moment impalpable comme une sorte de beauté liquide et furtive.

Kill Me Sarah | 21:25 |

mardi, décembre 09, 2008

442 A day in life : Tom Verlaine : Without a word (Album : Dreamtime 1981)

    (442)

Un vieux Verlaine (Tom) comme une feuille de papier jaunie par le temps avec des mots que l'on n'écrirait plus. Le temps du rêve est terminé. Des jambes regardées. Un disque des Blithe sons. Des poussées de colère stériles mais nécessaires. Un voile gris entre les yeux et le monde. Le froid dans les couloirs. La fatigue pesant sur les paupières c'est peut être plus de la lassitude. Des roulements sur les toms. La vibration des peaux. La pluie lourde se transforme en neige qui fond sur le cuir du blouson. L'Afro blue de Coltrane au réveil en réminiscences. La neige dehors. les essuie-glaces des voitures au carrefour derrière la vitre. Une fille avec un chapeau de paille sous la neige. Un, non deux carrés de chocolat. La neige toujours. Jouer de la guitare lentement, avec de la réverb, une demie caisse serait parfaite. Sentir le froid à gauche, vers la vitre. Blue Valentines. Ou Caroline dit. Des chiffres des chiffres encore des chiffres et moi qui cherche mes mots. Douleurs à gauche, à droite, vertèbres raides. La neige toujours. Felt. Toujours les mêmes questions. Ces fins d'années introspectives. Des choses négligées. The day the snow came down. Des mots lus. Des moments proches imaginés. Du désir à l'esprit. La neige a cessé de tomber, le chuintement des pneumatiques sur la chaussée mouillée comme une plainte d'ennui. L'ennui se niche partout. La nuit qui tombe trop vite. La lumière jaune de la lampe de bureau, les ombres autour. Les pas dans le couloir. Le vide. Enervements encore. Au travers des stores à bandes verticales les phares des voitures clignotent comme des guirlandes de noël.
En rentrant dans la nuit froide, la neige sur les pelouses, les parcs, avec la lune dans le ciel, donnait l'illusion d'un ailleurs espéré et silencieux.

Kill Me Sarah | 20:59 |

dimanche, décembre 07, 2008

441 Young modern guys : The Field Mice : Let's Kiss and Make Up (Album : Snowball 1989)

    (441)

Ils devaient être beaux, nouveaux jeunes gens modernes, ceux qui écoutaient, à l'aube des nineties, la pop aux guitares éthérées des Field Mice, et les filles égalisaient leur frange aux ciseaux dans la glace de la salle de bains familiale. Je les imaginai ainsi. Peut être un peu envieux à retardement. J'ai toujours été en retard.

J'ai ressorti des photos d'autres jeunes gens modernes. D'il y a trente ans. Ca a fait sourire ma chérie de me voir ressortir mes vieux magazines. Content d'avoir retrouvé cette vieille photo improbable d'Eudeline saignant sur sa guitare après une mauvaise réception de canette dans la tête au festival de Noisy le Sec... j'avais gardé cette photo en tête. C'était impressionnant de l'imaginer continuant à jouer malgré tout. On garde de ces trucs en mémoire.

Plus on avance et plus le temps rétrécit, comme un élastique racorni. Le froid tombe ce soir, il y aura peut être avec un peu de chance, de la brume demain matin, pour garder en soi les rêves cristallins des guitares claires comme des carillons.

Kill Me Sarah | 22:56 |

vendredi, décembre 05, 2008

440 Lucien m'a TUer : Idaho : Levitate (Album : Levitate 2001)

    (440)

Tu as écrit longtemps à la deuxième personne. Tu ne le fais plus depuis presque aussi longtemps, depuis la fin de Kill Me Again.
Parfois ta pensée bascule automatiquement en "tu" au moment d'écrire. Des restes d'habitude de ces années où tu as fait porter des mots lourds au "tu", trop lourds pour le "je" certainement. Mais lire ce matin ces extraits de Mort d'un jardinier de Lucien Suel, ça t'a fait comme un retour de "tu". Comme une maladie tropicale dont on ne se débarrasse jamais totalement et qui se réveille parfois.

Tu as eu une poussée de "tu" ce matin. Tu sais que tu ne vas pas revenir au "tu". Ou de manière anecdotique. Comme aujourd'hui. Peut être parce que ces dernières semaines ont drainé une fatigue trop compacte dans les veines. Le "tu" c'est sortir un peu de soi. Pas obligatoirement prendre du recul, de la hauteur. Juste quitter l'enveloppe. Glisser au travers des pores de la peau et ne laisser là que l'enveloppe extérieure dans un semblant de présence.


(Rien à voir mais je fais tu as fait l'horoscopitone de samedi puisque l'on mt'a gentiment invité à le faire.)

Kill Me Sarah | 19:37 |

mercredi, décembre 03, 2008

439 Earl grey : Arab Strap : One Four Seven One (Album : Elephant Shoe 1999)

    (439)

Est-ce qu'on ne devrait pas être nu, particulièrement ce soir... (*)

Mon état le soir depuis le début de la semaine est comme la voix d'Aidan Moffat, le chanteur d'Arab Strap, engourdie et molle, fatiguée. Comme s'il allait tomber dans la seconde qui suit sans finir sa phrase.

J'ai fait un Earl grey, avec un nuage de lait, ça va bien avec Arab Strap et la voix traînante de Moffat. L'Earl grey c'est comme le thé au jasmin, ça ne va qu'avec Arab Strap, Mazzy Star ou la Long song for Zelda de Dashiell Hedayat. Ou certains Cocteau Twins mais uniquement le samedi après-midi. Eventuellement le dimanche.
Je ne bois de l'Earl grey qu'en écoutant Arab Strap. Une sorte de stimulation Pavlovienne.
Ce disque me fait comme une seconde peau ce soir. Je me sens nu quand je ne pense pas, c'est peut être pour ça. Pourtant il est comme la fatigue ce disque, il révèle nos failles...

(*) Pyjamas

Kill Me Sarah | 21:50 |

lundi, décembre 01, 2008

438 December rain : Hood : Still Rain Fell (Album : Outside Closer 2005)

    (438)

On finit toujours par se cogner ou se prendre les pieds dans le mois de décembre. C'est un mois obstacle. Il a débuté aujourd'hui dans cette matinée sombre et humide. Des périodes où on balaye les caniveaux. On rentre la tête dans les épaules. On attend que ça passe. Je ne sais pas pourquoi mais ça m'a fait penser à ce film de Louis Malle en noir et blanc où l'on entend la trompette de Miles Davis.

Les jours comme ça où l'humidité suinte sur les murs je finis toujours par mettre Hood. On en vient à se demander d'où elles viennent ces associations systématiques comme cela, ces musiques d'automne poisseux, celles des matins gorgés de rayons de soleil ou celles du soir apaisées, tranquille, celles des yeux fermés, celles des corps qui bougent, celles des cris, des hurlements, celles de la colère, celles de la mélancolie, de la tristesse, celles de la nostalgie, celles du désespoir, de la douleur, celles qui nous rappellent des gens des lieux des moments tristes ou agréables.

Un jour il y aura bien un crétin du marketing qui aura l'idée de coller des stickers sur les disques, musique du soir, musique du matin, musique pour pleurer, musique pour se relaxer où je ne sais quoi si ça se trouve ça existe déjà, histoire que tu n'aies même plus à la vivre la musique, que tu n'ailles pas ressentir n'importe quoi à son écoute, on les préparera pour toi, on te balisera bien le chemin, que surtout tu n'aies pas besoin d'imaginer, que tu n'aies même plus à PENSER.

Hood ca me fait penser aux jours d'automne pisseux, comme aujourd'hui, avec ce mois de décembre comme un obstacle à franchir et c'est à se demander si tous les ans il n'est pas un peu plus haut. Ca me fait penser à des toits avec la pluie ruisselant sur les tuiles, à des murs gris, à des briques ocre, à des jours où tu allumes la lumière même en pleine journée et où tu as tendance à poser le front que la vitre froide sans voir ce qu'il y a derrière. Tu peux marquer ce que tu veux sur la pochette, les trois quarts de leurs chansons me font penser à des jours comme aujourd'hui. Et je crois bien que c'est pour ça que j'aime leur musique.

Kill Me Sarah | 21:11 |


Ego
Sexe : M / Age : 48
Profession : Aucun interet
Situation : Opposant au régime
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Playlist
Deerhoof : Offend Maggie
Sun Kil Moon : April
Boduf Songs : How Shadows Chase the Balance
Fleet Foxes : Fleet Foxes
The Dodos : Visiter
Hrsta : Stem Stem in electro
Autistic Daughters : Uneasy flowers
Death Cab For Cutie : Narrow Stairs
The Enablers : End note
Giant Sand : *proVISIONS*
Okay : Huggable dust
Mark Kozelek : Little drummer boy live
Chauchat : Upon Thousands
E.S.T. : Leucocyte
Dakota Suite : Morning Lake Forever; Signal Hill
Sebadoh : III
Mogwaï : The hawk is howling
Why? : Alopecia
Nurse with wound : Huffin' rag blues
Rothko : Negative for Francis
The Walkmen : You & Me
Tubeway Army : Replicas
Boris & Merzbow : Rock dreams
Hector Zazou : La perversita
The Field Mice : Where'd You Learn to Kiss That Way?
The Monochrome set : Strange boutique
Under Byen : Kyst
The Feelies : Tout
Miles Davis : Complete On the Corner sessions
John Coltrane : A Love Supreme
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